[Avis] L Fleur de Corail - Lolita Lempicka

 

Il y a quelques mois, Lolita Lempicka annonçait la sortie de deux nouvelles fragrances, la première, Fleur Défendue, s'inscrivant dans l'univers du premier parfum de la créatrice, la seconde, Fleur de Corail, dans celui de L - avec aux commandes les compositeurs des originaux, Annick Menardo et Maurice Roucel, respectivement.
Tous deux étaient explicitement décrits comme de nouveaux parfums à part entière, pas des flankers... mais le premier sorti, Fleur Défendue, nimbait d'un voile vert absinthe une senteur en réalité très proche du Lolita Lempicka éponyme.
Cette première déclinaison de L se démarque par contre nettement de l'original. Elle se veut plus intime et plus douce, et le "baiser salé" touché d'immortelle fait ici place à la fleur de frangipanier...


Notes de tête: bergamote, pamplemousse
Notes de cœur: fleur de frangipanier, orchidée vanille
Notes de fond: ambre, muscs, bois flottés



La Fleur de Corail éclot dans les notes hespéridées annoncées, avec la petite touche citronnée des frangipaniers blancs... mais le cœur floral s'impose très vite, et quel cœur! Le frangipanier arrive en force, mais loin de la délicatesse de la fleur, son parfum est ici concentré, épais, presque confit, et palpablement synthétique. L'orchidée vanille et sa senteur florale-aquatique trouble vient l'étayer, sans la dominer. L'ensemble a une allure délibérément exotique, farniente, cocotiers et plage dorée... et à vrai dire, Fleur de Corail évoque assez, à ce stade, une crème solaire (!)

Clin d'oeil à L, une note de sel, assez fugace, s'insinue dans le cœur crémeux-floral pendant les premières heures de la fragrance, comme un souvenir de vagues laissé sur la peau... 


Alors qu'au bout de quelques heures, j'allais tirer un trait sur ce parfum de vacances, décidément trop "vahiné" à mon goût, il vire assez soudainement: les traces sucrées disparaissent entièrement, et les aspects les plus ouvertement exotiques, l'opulence presque fruitée du frangipanier s'estompent pour laisser place à un fond puissant, très compact, musqué et un peu boisé. L'orchidée s'y fait plus présente, avec sa senteur qui m'évoque toujours, curieusement, une eau stagnante.

Cette phase de la fragrance se prolonge, inchangée, jusqu'à la fin de la - très bonne - tenue sur la peau.


Au final, Fleur de Corail reste dans l'esprit de L - senteur puissante, dense et riche comme un gâteau, avec la pincée de sel caractéristique du premier opus -  mais abandonne au passage la dimension gourmande de l'original... et ce qui faisait son caractère. Si cette lourdeur assumée prenait tout son sens dans un oriental gourmand et décalé comme L, elle devient dérangeante dans un floral... Je ne suis pas sûre que les amatrices de L y trouvent leur compte.


Attention, au passage, à ne pas le confondre avec L: leurs flacons sont presque identiques, mais la surface de celui de Fleur de Corail est dépolie et opaque, et il a une petite fleur blanche et un corail accrochés en pampilles au col. La boîte de L (à gauche) est couleur corail soutenu, celle de Fleur de Corail (à droite) saumon pâle.  


Maison: Lolita Lempicka
Créateur:
Maurice Roucel et Alexandra Carlin
Année de création: 2008
Famille: floral-oriental

Disponible en Eau de Parfum, vapo 30 ml (41 EUR) ou 50 ml (63 EUR). En parfumerie.

 

[Vintage] Pois de Senteur - Guerlain

- Avertissement au lecteur -

C'est une chose de parler de parfums confidentiels, par définition difficiles à trouver et au prix souvent prohibitif... mais c'en est une autre de parler de parfums depuis longtemps disparus. 
J'ai hésité, vu le côté extrêmement frustrant de la chose pour qui n'a pas la chance de pouvoir les sentir, puis j'ai décidé de finalement parler de quelques joyaux qui ne sont malheureusement plus parmi nous. Parce qu'ils le méritent, tout d'abord. Et peut-être aussi parce que contribuer à les sortir de l'ombre pourrait très modestement encourager leurs maisons-mères à envisager leur réédition, sait-on jamais?     
   
 
 
Après l'Ondée, L'Heure Bleue, Mitsouko, Shalimar, Vol de Nuit... autant de chefs d'œuvre qui ont fermement planté le nom de Jacques Guerlain au panthéon des plus grands créateurs de la parfumerie.
Il a pourtant créé un très grand nombre d'autres fragrances, aujourd'hui disparues.
 
Certaines restent malgré tout connues des amateurs - le tandem Voilette de Madame et Mouchoir de Monsieur, Djedi, "le parfum le plus sec du monde", Sous le Vent l'amer, l'aromatique, Liu, sa "réponse" au N°5,... - et ont d'ailleurs fait l'objet de rééditions plus ou moins confidentielles. 
 
D'autres, par contre, ont pratiquement sombré dans l'oubli. 
Sélection naturelle?
Il est vrai que l'œuvre de Jacques Guerlain compte en fait un grand nombre de soliflores (Jasmin, Une Rose) ou de floraux comme Le Jardin de mon Curé qui, selon Jean Kerléo alors directeur de l'Osmothèque, n'ont absolument aucun intérêt, sauf historique! 
 
Reste que, M. Kerléo en convient avec enthousiasme, Jacques Guerlain était un génie de la parfumerie, et a fait des merveilles avec les notes ambrées et sucrées. D'aucuns soutiennent  d'ailleurs que parmi ces Guerlains disparus figurent une bonne demi-douzaine de chefs d'œuvre absolus...
 
 
Pois de Senteur date de 1917. Dans cette sombre décennie, L'Heure Bleue était née cinq ans plus tôt, et Mitsouko ne viendrait que deux ans plus tard.

De la merveilleuse Heure Bleue, ce Pois de Senteur a manifestement gardé des traces. Difficile, évidemment, de trouver une composition officielle pour un parfum depuis si longtemps disparu, mais l'air de famille est bien présent.
 
Sur ma peau, Pois de Senteur s'ouvre sur une bergamote puissante, citronnée, très légèrement javel (?!), qui préfigure, à mon nez, les notes de tête du futur Shalimar (1925). S'y mêle une infime pointe curieusement animalisée, un peu "sale", qu'on retrouve dans d'autres parfums de la maison, notamment Mouchoir de Monsieur.
 
A mesure de son évolution, pourtant, Pois de Senteur se dépouille de ces atours quelque peu agressifs, en conservant juste, et pour assez longtemps, sa touche citronnée. Il se dirige alors vers un délicieux miel fleuri, tout comme le parfum Caron du même nom... mais là où le Caron était épais, un miel liquide sombre et riche, sirupeux, celui de Guerlain est un miel blanc solide, un joli miel de fleurs d'oranger qui se fait léger, ensoleillé et souriant. Et celui-ci ne s'intensifie pas: le cœur de fleur d'oranger miellée se poursuit longtemps, très longtemps, inchangé et ravissant. L'évocation du parfum des vrais pois de senteur est, à mon nez, encore plus lointaine que dans le Caron, puisqu'il ne conserve que le côté fleuri-miellé de Lathyrus odoratus sans y ajouter la verte amertume...  
 
En toute fin de la tenue sur la peau, alors que la fragrance n'est plus qu'un murmure, la vanille de Guerlain se fait un tout petit peu plus présente sous les dernières traces de miel-oranger, se poudre doucement.  


Octavian Coifan de 1000 Fragrances, grâce à son nez de professionnel, apporte une lumière bienvenue sur cette composition: elle serait bien, avec Fol Arôme, autre création Guerlain de 1912, une sorte d'exercice de style à partir de L'Heure Bleue, ici dépouillée de son départ aromatique et de son fond héliotrope-vanillé, tandis que ses facettes fleur d'oranger et miel (apparemment la base Miel Blanc de Laire) se trouvent ici accentuées et pleinement mises en valeur.


Je ne sais de quand datent les quelques gouttes d'extrait que j'ai réussi à trouver.
La communauté russophone Rare Perfumes donne pourtant peut-être un indice. Une collectionneuse y compare le parfum de ses trois flacons de Pois de Senteur:  à ce que j'ai cru comprendre (sous toutes réserves!), le flacon lanterne bleu, à gauche, remonte à 1935; la fragrance y est gaie et fleurie,  verte et fraîche, estivale, avec peu de miel... Le parfum du flacon quadrilobé, le plus récent, à droite, est d'après elle très différent, fleuri mais sans miel. Celui du centre, le plus ancien, est un miel estival, très lumineux, doux et floral... ce qui correspond à mon ressenti. 

 
Au bout du compte, ce Pois de Senteur a-t-il été logique victime d'une juste sélection naturelle? 
Ma réponse est non, cent fois non! 
Il n'atteint pas les cimes de L'Heure Bleue, ce n'était peut-être pas un chef d'œuvre impérissable, et je ne paierais pas les sommes démentielles qu'il atteint vraisemblablement sur Ebay pour en trouver un flacon... mais c'est un parfum absolument ravissant. Ses notes de tête me déplaisent - je n'aime pas plus cette envahissante bergamote dans Shalimar, honte à moi! - mais le reste est d'une exquise joliesse, certes sans profondeur, mais gaie, lumineuse, ensoleillée. 
S'il était réédité, je n'hésiterais pas une seconde. A bon entendeur...... ;)

    
       
Maison: Guerlain
Créateur: Jacques Guerlain
Année de création: 1917
Famille: floral
Disponible: retiré de la vente depuis longtemps, il apparaît parfois sur Ebay... à titre indicatif, des fractions d'échantillons sont disponibles sur The Perfumed Court.

     

Images: Ebay via 1000 Fragrances, Rare Perfumes 
     
  

[Avis] Pois de Senteur - Caron

Les Pois de Senteur de Chez Moi ...voilà comment fut baptisée, à l'origine, cette merveille trop peu connue.  

Fin 1927, l'année qui avait aussi vu naître le bel œillet de Bellodgia, Ernest Daltroff se prend d'affection pour le doux parfum des pois de senteur. Problème: il n'existe point d'essence naturelle de Lathyrus odoratus. Mais qu'importe! Le génial créateur de Caron laisse libre cours à son imagination...


Notes de tête: rose, jacinthe, cyclamen
Note de cœur: jasmin, lilas, muguet
Notes de fond: tilleul, foin, vanille, cèdre, santal, musc

 
   
C'est avec ce grand bouquet de fleurs qu'Ernest Daltroff évoque le parfum suave, balsamique et un peu amer des pois de senteur. L'inspiration est pourtant libre: s'il y a bien ressemblance avec les petites fleurs éponymes de la fragrance, elle est assez lointaine. Daltroff préfère rappeler plutôt que reproduire fidèlement, et sa brassée de pois de senteur se fond dans un bouquet floral poudré, parfaitement lisse, dans lequel perce pourtant la note vert sombre, amère, de la fleur. L'ensemble a au départ l'épaisseur, le compact un peu crayeux que j'avais senti dans les premières bouffées de l'extrait de Farnesiana, et s'entoure d'une mince couche d'encaustique.       
 
La note miellée presque imperceptiblement présente dans les fleurs de pois de senteur commence ensuite à poindre. A mesure que la douce amertume verte s'estompe, elle laisse pleine place au cœur floral, le jasmin un peu plus marqué, avec une touche d'œillet qui n'apparaît pas dans les notes, mais qui me paraît pourtant présente.
Dans ce bouquet suave, toujours un peu poudré, la note miellée s'affirme progressivement, s'intensifie, s'épaissit, passe graduellement du doré à une couleur caramel sombre.
Au cours de son épanouissement, elle se teinte, par moments, des curieux reflets presque métalliques, cuivrés, que je retrouve parfois dans le miel. 
   
Cette note finit par dominer en fond, les dernières senteurs florales se fondant dans un miel liquide le plus riche qui soit, sombre et dense, qui me semble se nuancer sur la fin d'une infime touche de tabac. 
  
  
Le Guide crucifie Pois de Senteur de ces six mots lapidaires: "Polite, dull little soapy woody floral".
Je n'ai pas dû sentir le même parfum. 
Le bouquet floral qui domine la première phase est charmant et sans mièvrerie, avec sa verdeur amère qui apporte un heureux contrepoint à la douceur poudrée... Point de note savonneuse non plus, à mon nez. La seconde phase, suavité toute d'or et de miel, est d'une moelleuse épaisseur, d'une richesse exquises.
Ajoutons la rémanence exceptionnelle, un sillage tel que quelques gouttes suffisent amplement pour vous entourer d'un délicieux halo toute une journée durant...
Pois de Senteur n'a peut-être pas la tonitruante originalité d'un Poivre ou le corsé d'un Tabac Blond, il marque peut-être un peu son âge, bouquet compact plutôt qu'aérien... mais il n'en reste pas moins, pour moi, incroyablement attachant, une grande création Daltroff - une de plus! - qui mériterait d'être bien plus connue.
    
       
Maison: Caron
Créateur: Ernest Daltroff
Année de création:1927
Famille: floral poudré
Disponible en Extrait de Parfum, aux fontaines Caron (flacons de 7.5 ml, 15 ml et 25 ml, vapos de 50, 100 et 200 ml, 79 à 435 EUR pour le premier flacon, les recharges sont moins chères).  
Pois de Senteur est l'un des cinq parfums uniquement disponibles dans les boutiques Caron avenue Montaigne et Faubourg Saint-Honoré.

     

Images: Parfum de Pub, Ebay     
     
  

[Avis] Féerie - Van Cleef



 
La maison Van Cleef & Arpels aime décidément les fées. 
 
En 2004, elle présentait une ravissante collection de haute joaillerie inspirée par le Songe d'une nuit d'été de Shakespeare: délicates fleurs et feuilles de diamants devenues colliers et bracelets,  petites fées mutines en clip... Trois ans plus tard sortait un nouveau modèle de Lady Arpels, la collection de montres pour dames de la maison: bleu nuit sertie de diamants, elle était décorée d'une petite figure assise de Titania, la reine des fées. Un modèle répondant au nom tout simple de Féerie...
 
Aujourd'hui, la maison décline ce thème dans un parfum, avec un flacon tout droit inspiré de sa collection de joaillerie, Titania perchée sur une branche d'arbre. La fragrance elle-même est un floral boisé annoncé comme prestigieux, de la haute parfumerie...

  
Notes de tête: violette, absolu de bourgeons de cassis, mandarine d'Italie
Note de cœur: absolu de rose bulgare, essence de rose, jasmin d'Egypte
Notes de fond: iris de Florence, vétiver de Haïti
 
  
Hélas, trois fois hélas, la Féerie version parfum n'est pas aussi enchanteresse que ces heureux prémices le laissaient espérer.  
 
Elle s'ouvre sur une note fruitée acidulée: la mandarine annoncée y est à, mon nez, mêlée d'une nette touche de fruits rouges. La violette arrive ensuite en force, sucrée-bonbon... et ce mélange de fruits rouges et de bonbons à la violette rappelle immanquablement Insolence de Guerlain.
La note de violette sucrée se poursuit longtemps en cœur, tandis que les roses et le jasmin promis restent très, très discrets (à vrai dire, je ne les ai pas sentis du tout!).
Ce n'est qu'après quatre à cinq heures (la rémanence est très bonne) que la tonalité ouvertement gourmande de la violette s'estompe, et la fleur se nuance alors d'un iris qui reste très mesuré, sur fond de musc poli.
Je n'ai pas retrouvé le vétiver, ni d'ailleurs la petite note anisée qui dansait sur la touche, mais pas sur ma peau...


Las! disais-je. Féerie est un parfum charmant, une mignonne violette fruitée qui correspond parfaitement à son flacon... et qui tient en fait beaucoup plus du fleuri-fruité que du floral boisé. Il aurait tout pour séduire un public plutôt jeune, ce qui rend son positionnement "haute parfumerie" (et le prix correspondant) plutôt curieux. C'est par rapport à cette étiquette "prestige" que Féerie est un peu décevant: il est très joli, mais pas exceptionnel. 
  
  
Maison: Van Cleef & Arpels
Créateur: Antoine Maisondieu
Année de création: 2008
Famille: floral boisé
Disponible en Eau de Parfum, vapo 50 ml (72 EUR) et 100 ml (111 EUR). Une gamme de produits coordonnés est disponible. Exclusivement dans les enseignes Marionnaud.

     

Images: Joyce, Businessmontres, Luxe     
    

[Avis] Love (don't be shy) - By Kilian

Ah, que cette fameuse Oeuvre Noire by Kilian aura fait couler d'encre!
 
Il est vrai que cette gamme de six parfums (bientôt sept), lancée en grande pompe en septembre 2007, concentrait à sa sortie à peu près tous les clichés de la parfumerie de niche, telle qu'elle est aujourd'hui.

Jouons au jeu des sept poncifs-du-parfum-de-niche, voulez-vous?
 
Chacun des flacons tous identiques, à la fois sobres et luxueux, renferme une fragrance unique, construite "avec les huiles essentielles les plus rares et les plus chères", d'une "élégance absolue" et d'un "luxe sans concession", et peut être vôtre pour la modique somme de... 165 euros les 50 ml.
 
Et pour présenter son œuvre ambitieuse, le jeune (et charmant, au demeurant) Kilian - qui, ce n'est pas anodin, a pour patronyme Hennessy, des cognacs du même nom, soit le H de LVMH - eut recours, sur son site, à une prose qui... jugez-en vous-même:
  
Pour moi, l’œuvre noire, c’est celle qui brouille le cœur de Faust, celle encore qu’invoquent les sorcières de Macbeth, celle enfin qui embrume l’esprit de Rimbaud. Mais c’est aussi celle des textes du R&B d’aujourd’hui – 50 cent, Snoop Dogg, Pharell Williams –, chanteurs de la tentation, confrontés à la violence urbaine, comme Baudelaire avant eux et exprimée dans ses poèmes en prose.
  
Une gamme qualifiée de "reflet d’une nouvelle Comédie Humaine", pas moinsse, dans laquelle même les matières y jouaient leur rôle, puisqu'il était question de l' "innocence apparente de la bergamote de Calabre"...
Autant dire que je m'étais armée d'une solide dose de cynisme avant de découvrir ces fameux jus ô combien exclusifs.
 

Et... et j'ai été surprise.

  
Les ingrédients sont effectivement de première qualité. Les compositions ne sont peut-être pas renversantes d'originalité, mais elles ne tombent pas pour autant dans la plate banalité: elles sont bien construites, avec un petit "plus" qui les distingue. Quant à l'addition, si le prix du flacon (avec son écrin) est très (trop) élevé, la recharge est nettement plus raisonnable...
  
Enfin, il semble que le fou rire général sur la blogosphère parfum devant les références et descriptions mêlant avec beaucoup de sérieux Les liaisons dangereuses, Baudelaire et Snoop Dogg, et qui vacillaient dangereusement entre le grandiloquent et le grand-Guignol, ait eu son petit effet: tout ce verbiage a été assez récemment supprimé du site.


 
Quid, à présent, de Love - don't be shy?

 
Premier volume de l'Oeuvre noire, et l'un des deux parfums catalogués féminins (avec Beyond Love), il a été créé par Calice Becker (J'Adore de Dior, Beyond Paradise d'Estee Lauder, Cuir de Lancôme).
 
Love se veut d' "une inspiration guimauve", "une pure sucrerie sensuelle" - et effectivement, en fait de littérature, il serait plus à sa place dans la Chocolaterie de Roald Dahl que chez Choderlos de Laclos: c'est une vraie confiserie!

 
Notes de tête: néroli, rose
Note de cœur: guimauve, jasmin sambac, iris
Notes de fond: vanille, notes sucrées, musc
 

Kilian voulait une guimauve, et c'est bien une guimauve toute douce, parfumée à la fleur d'oranger, qui s'offre dès la vaporisation. Elle est sucrée, certes, mais parvient, pour moi, à ne pas donner dans le sirupeux ou l'écœurant.
 
Love reste assez linéaire, mais la guimauve se mue finalement assez vite en une autre friandise: plutôt que de prendre le moelleux de la guimauve, la note de sucre se teinte au contraire d'une petite touche craquante qui fait plutôt penser à une meringue légère. Elle se nuance d'une senteur à peine perceptible, que je n'arrivais pas à identifier, jusqu'à ce qu'une vérification dans le Guide apporte la réponse: il s'agit de l'Adoxal, un aldéhyde neigeux qui donne à la fois ce craquant et une infinitésimale odeur d'œuf, bien appropriée dans ce registre gourmand.
 
La fleur d'oranger s'estompe peu à peu, tandis que la note sucrée se poursuit doucement. Sur ma peau, elle finit par se teinter d'une légère touche animalisée qui lui donne de la profondeur... mais j'ai senti, sur d'autres peaux (masculines, d'ailleurs), cette pointe prendre une ampleur plus marquée, et former avec les notes sucrées une combinaison joliment intrigante, nettement plus intéressante que sur moi. Il semble d'ailleurs que Love varie assez nettement selon les peaux, et il peut aussi friser l'écœurant sur certaines...


Love m'a paru bien plus intéressant que ses atours si gourmands ne l'auraient laissé croire au premier abord.
Il reste pourtant, je crois, principalement réservé aux amateurs du genre - genre dont il présente une interprétation assez savoureuse, par ses notes de fond qui s'animalisent sans avoir l'air d'y toucher.
Mais "vaut"-il un tel prix? Il faut, ma foi, garder à l'esprit qu'on paie d'abord la luxueuse présentation (vu le coût très nettement inférieur de la recharge) et la concentration (une eau de parfum qui tend vers l'extrait, ce qui explique l'excellente rémanence sur la peau)... A ce tarif de "petite folie", il y a bien d'autres parfums auxquels je préférerais succomber, personnellement, mais les friandes de parfums gourmands et les amateurs de jolis flacons pourraient par contre y trouver leur compte!

 
Maison: By Kilian
Créateur: Calice Becker
Année de création: 2007
Famille: oriental vanillé / gourmand
Disponible en eau de parfum/extrait, vapo 50 ml (165 EUR), à recharger pour 69 EUR; aussi en format fontaine d'1 litre (2000 EUR) rechargeable pour 1380 EUR. Une bougie coordonnée est disponible. 
En points de vente sélectionnés et en ligne sur le site de Kilian.
    



 Images: By Kilian, Acquire Mag

[Avis] Métallica / Métalys - Guerlain


Les fans de Metallica (dont je suis, au demeurant) savent que s'il est une chose avec laquelle le groupe de heavy-metal ne badine pas du tout, c'est bien la protection de ses droits - l'AOC champenoise en pâlirait! Autant dire qu'il ne s'est pas fallu longtemps avant qu'un parfum baptisé Métallica s'attire les foudres juridiques de ces délicieux néo-Vikings.

Cette édition limitée de Guerlain, sortie à l'automne 2000, fut alors bien vite retirée de la vente... au grand dam des collectionneurs, qui semblent avoir fort prisé le flacon renfermant les 250 ml d'eau de toilette: il revisitait le classique modèle "abeilles" en l'habillant de petites plaques argentées.

En 2005, à l'occasion de la réouverture de la boutique Guerlain des Champs-Elysées, Métallica fit sa réapparition au sein de la collection Les Parisiennes, cette fois sous un nom inattaquable: Métalys.
"Métal" toujours, donc, à la base de cette fragrance dans laquelle Jean-Paul Guerlain voulait à la fois évoquer l'odeur du métal et travailler joliment la vanille, matière-phare de la maison.

Curieux mariage...


Notes de tête: bergamote
Notes de cœur: ylang-ylang, fleur d'oranger, œillet, rose
Notes de fond: vanille, iris, fève tonka, ambre




...et curieux parfum!

Métalys est, au départ, nimbé d'une fine couche d'aldéhydes à la tonalité savonneuse appuyée, derrière laquelle un œillet doux, à peine poivré, se laisse déjà deviner. Vient rapidement s'y mêler une note aiguë d'ylang-ylang... L'ensemble, dans un alliage parfait, prend effectivement une petite tournure métallique, qui rappelle un peu l'odeur des pièces de monnaie. Pari réussi!

Et qui eut cru, d'ailleurs, qu'un parfum fleuri-métallique puisse sentir si bon?

C'est que si les notes savonneuses et métalliques se prolongent, elles viennent se fondre dans un ravissant cœur floral d'œillet et d'ylang, tout juste nuancés de jasmin. Les différentes critiques de l'ex-Métallica mettent surtout en avant la note d'œillet, mais à la comparaison avec Bellodgia de Caron ou d'autres parfums construits autour de cette fleur, la différence saute au nez: l'œillet est bien présent dans Métalys, mais l'ylang lui dispute assurément les premiers rôles.

Cet œillet est, ici, particulièrement doux, satiné, dépouillé de celles de ses facettes qui rappellent le poivre et le clou de girofle, tandis que l'ylang tempère sa tropicale exubérance...

Le voile d'aldéhydes savonneux se lève petit à petit, emportant avec lui l'éclat métallique du parfum, pour laisser pleine place au cœur floral.
Au fil du temps (la rémanence est excellente), ce cœur se poudre joliment, et la vanille, enfin, fait son apparition.
Tandis que l'œillet-ylang s'estompe, cette vanille s'intensifie et finit par se sucrer, pour finir en un fond de musc de peau très vanillé, poudré d'iris. Ce n'est pas du tout, ici, une vanille riche ou onctueuse, elle est au contraire sèche, poudreuse, et se teinte des accents coumarinés (foin doux vanillé) de la fève tonka. A ce stade, Métalys me rappelle un peu les notes de fond d'Un Lys de Serge Lutens et leur infinie suavité...

Métallica s'est-il transformé en devenant Métalys?

N'ayant jamais senti l'original, je ne pourrais me prononcer, mais d'avis général, les deux sont extrêmement proches.
Certains n'y sentent aucune différence, d'autres si, mais ne s'accordent pas sur leur nature: aldéhydes moins prononcés en tête mais notes de fond identiques, ou au contraire fond plus vanillé pour Métalys, voire même œillet y plus épicé et fond plus léger pour la réédition... Ces divergences mêmes me portent assez à croire, à dire vrai, que les différences entre les deux versions ne doivent vraiment être que légères.


Notes métalliques et savonneuses sur un cœur floral soyeux et poudré: la combinaison déconcerte, puis intrigue, et bien vite, on en redemande! Passé l'exercice de style des notes de métal, le doux mariage d'oeillet et d'ylang est vraiment ravissant. Rien d'étonnant à ce que plusieurs blogueuses anglophones aient cité Métalys comme l'un de leurs parfums préférés...
Quant à moi, j'en suis tombée amoureuse presque immédiatement et, pourtant avare de flacons, je compte inviter l'une de ces jolies Parisiennes à me rejoindre dans un avenir proche... si toutefois elle n'est pas retirée de la vente entre-temps, comme de sombres indices le laissent croire. N'attendez pas trop pour la découvrir!



Note (17/07/2010): Métalys est à présent retiré de la vente.



Maison: Guerlain
Créateur: Jean-Paul Guerlain
Année de création: 2000 (réédition: 2005)
Famille: floral oriental
Disponible: retiré de la vente. Anciennement en Eau de Toilette, flacon 125 ml (145 EUR), exclusivement dans les boutiques et espaces Guerlain.


[Parlons parfums] La rentrée 2008 sera... TRÈS parfumée!

...et c'est le moins que l'on puisse dire! Voici un florilège, le plus complet possible, des sorties petites et grandes de cette rentrée 2008.




En grande distribution

  



-  Pour Armani, les diamants sont éternels. Diamonds for Men, un boisé gourmand, sort en août (bergamote, bois de gaïac, cèdre, vétiver, poivre Szechuan, cacao, Ambroxan), et en octobre, une version plus soutenue de Diamonds sera proposée aux dames: Diamonds Intense.




- Azzaro relance en octobre son premier parfum féminin né en 1975, Couture, réorchestré pour en faire un fleuri plus léger et plus lumineux (bergamote, galbanum, mimosa, rose de mai, jasmin, iris, ambrette, patchouli).

 

 
- En septembre, Boucheron lance B, un féminin boisé-fleuri (cèdre, santal, patchouli, fleur d'oranger, rose, osmanthus, abricot, épices) conçu comme un parfum de niche: pas de limite de prix, insistance sur le naturel, pas de tests consommateurs...




- Calvin Klein propose un floral-oriental, Secret Obsession qui ne serait pas un flanker d'Obsession... En tout cas, le parfum se veut "sexy", mais "plus personnel, sophistiqué et enivrant" (prune exotique, macis, rose de Damas, fleur d'oranger, tubéreuse, Cashméran (?), ambre, vanille, santal). Déjà disponible dans les enseignes Sephora.




- Chez Cartier, on annonce pour octobre (avant-première en septembre dans les boutiques Cartier) un masculin, Roadster, du nom d'un modèle de montre du joaillier. Cette "fougère minérale" se distingue par une note de menthe particulièrement soutenue (menthe, agrumes, vétiver, patchouli, labdanum, vanille, Cashmeran(?)).




- Chez Chanel, le N°5 "Eau Première", version du légendaire N°5 destinée à séduire un public plus jeune, sort le 10 octobre, après un premier lancement avorté (ylang-ylang, néroli, jasmin, vanille).

Un nouvel Exclusif devrait venir rejoindre les onze autres sous peu: Beige, aux notes d'aubépine, freesia, fleur de frangipanier et "miel scintillant".




- Premier flanker de Fuel for Life chez Diesel: Fuel for Life Unlimited for Women Only, un fleuri-fruité-gourmand qui vise un public un peu plus âgé, les nouvelles trentenaires... (citron, mandarine, réglisse, anis, poivre, goyave, violette, aloe, jasmin sambac, lys, santal).




- Chez Escada, sortie en septembre de Incredible Me, un oriental vanillé inspiré par l'odeur du...tiramisu! (clémentine, chèvrefeuille, orchidée, tiramisu, vanille et santal). Déjà disponible chez le Douglas allemand et dans les Inno en Belgique...





- Estée Lauder parie sur le boisé féminin avec Sensuous (lys, magnolia, jasmin, "bois en fusion", ambre, santal, poivre noir, pulpe de mandarine, miel). Déjà sorti aux US, il devrait être prochainement disponible dans nos contrées. Premier avis sur Au Parfum.
Est aussi annoncée, en octobre, une autre Private Collection: Amber Ylang-Ylang.




- Chez Givenchy, on joue la "modernité" avec les deux masculins annoncés pour la rentrée.
Dès le 5 août au Sephora des Champs puis dès septembre en parfumerie, Play est proposé en deux versions: eau de toilette ordinaire (orange amère, pamplemousse, poivre noir, patchouli) et eau de toilette intense (bergamote, mandarine, baie rose, vétiver, fève tonka, patchouli), dans un flacon aux allures de lecteur MP3, est construit autour de la note d'amyris ("faux" santal).
Le second, Pi Neo, annoncé pour septembre-octobre, est un boisé explicitement inspiré par le héros de Matrix (mandarine, bergamote, myrte, cèdre, patchouli, ambre, vanille et "notes futuristes brevetées").
Au rayon féminins, une nouvelle déclinaison d'Irresistible - Absolutely Irresistible - est aussi prévue pour septembre.




- Chez Gucci, sortie d'un éponyme pour homme, équivalent de l'éponyme féminin et comme lui étiqueté "chypre moderne" (bergamote, cyprès, violette, tabac, jasmin, patchouli, ambre, élémi); proposé en eau de toilette.
  



- Chez Guerlain, le grand lancement de la rentrée, le 1er septembre, est un masculin tout simplement baptisé "Homme", créé par le nouveau nez-maison, Thierry Wasser. Premier avis chez Aromamundi.
Les filles ne sont pas en reste, puisqu'Insolence, déjà proposé en concentration eau de toilette et extrait, sera dès la rentrée décliné aussi en eau de parfum.
Au rayon confidentiels, un trio d'Elixirs Charnels sera proposé dès septembre dans les boutiques et espaces Guerlain: Oriental Brûlant (fève tonka, amande douce), Chypre fatal (boisé-épicé, vanille, pêche blanche) et Gourmand Coquin (chocolat, poivre, rhum, rose vanillée).




- Chez Jean-Paul Gaultier, sortie d'une eau de toilette féminine, Ma Dame, une "célébration de la garçonne" dans une "ambiance énergique et électrique" (orange, rose, grenadine, musc, cèdre). Dès le 1er septembre, avec avant-première dans les boutiques Gaultier dès le 18 août.
  
  
- John Galliano annonce le lancement à la mi-octobre d'un féminin exclusif portant son nom, un floral aldéhydé moderne qui serait le parfum de sa femme idéale... (bergamote, lavande, rose, pivoine, iris, violette, patchouli, ambre). 
 
 

- Karl Lagerfeld se (re)lance aussi dans le parfum, avec un trio d'eaux de toilettes à son nom sortant fin octobre:
Kapsule Light (orange amère, jasmin, muscade, girofle, musc), Kapsule Floriental (feuille de lierre, violette, thé noir) et Kapsule Woody (prune, mousses, cèdre).


 

- Power, le masculin de Kenzo à sortir le 20 août, est un boisé frais et fleuri (?), avec une note imaginaire de "tulipe sauvage" (et bergamote, coriandre, cardamone, baume tolu, cèdre, labdanum).
Sortie aussi en septembre de Winter Flowers - sans plus de précisions; il semblerait, selon les rumeurs, que ce soit un féminin dérivé de Flower.

Début octobre sortira une version extrait de parfum d'Amour.


 
- En septembre, Lalique lance un masculin épicé, White, en eau de toilette (noix de muscade, cardamome, poivre blanc, feuilles de citronnier).




- Pour Lancôme, c'est dès mi-août que sort le féminin Magnifique, un boisé-fleuri-épicé construit autour de la note râpeuse et terreuse du nagarmotha, adouci de rose (safran, mandarine, cumin, rose bulgare, rose de mai, jasmin sambac, nagarmotha, vétiver, santal d'Australie). 
Premier avis chez votre servante!




- La quintessence du bling-bling chez Paco Rabanne: 1 Million, une eau de toilette masculine dont le flacon prend la forme d'un lingot d'or... (pamplemousse, menthe, orange sanguine, rose, cannelle, épices, cuir blond, bois blancs, ambre, patchouli). Sortie fin août.

 



- Chez Prada, lancement d'une version masculine d'Infusion d'Iris:  Infusion d'Homme, fragrance délicate proposée en eau de toilette (néroli, iris pallida, vétiver, cèdre, encens, benjoin).




- Chez Ralph Lauren, sortie à la rentrée de Notorious, un oriental épicé qui se veut glamour, inspiré de personnalités comme Lauren Bacall ou Ingrid Bergman, qui avait d'ailleurs tourné dans un thriller d'Hitchcock appelé..."Notorious" (cassis, bergamote, poivre rose, cosmos chocolat, pivoines blanches, œillet, musc, patchouli, vanille, iris).





- Réminiscence termine en septembre sa gamme des "Notes Gourmandes", avec l'hespéridé gourmand Sol La (accord fruité poire, cologne) et le boisé gourmand Si Do (iris et ambrette).





- En septembre, White Patchouli (patchouli, pivoine, bergamote, jasmin, rose, coriandre, ambrette) viendra rejoindre Black Orchid chez Tom Ford.

La Private Blend Collection, déjà imposante, s'enrichira de trois nouveautés sublimant une matière première, comme le reste de la gamme: Champaca Absolute, dès la rentrée, et Italian Cypress et Arabian Wood qui seront d'abord exclusifs aux boutiques Tom Ford de Milan et du Koweït avant de rejoindre la Collection six mois plus tard.



 

- Toujours chez les joailliers, Van Cleef cette fois, c'est Féerie, dans un flacon ô combien approprié, qui sort en août. Ce boisé-fleuri violette (violette, fruits rouges, mandarine, rose, jasmin, iris, vétiver) est positionné plus haut de gamme que le reste des fragrances de la maison. Déjà disponible dans les enseignes Marionnaud.





- Yves Rocher ajoute une fleur au bouquet de ses Secrets d'Essences: Tendre Jasmin paraîtra en septembre.




- Yves Saint Laurent, enfin, devrait proposer dès septembre une version intense d'Elle...













Du côté des niches...




- By Kilian ajoute un septième tome à son Œuvre Noire, avec Prelude to Love-Invitation, à sortir mi-août (notes hespéridées, iris, cuir, cypriol, fleur d’oranger, néroli, lavandin, freesia, cardamome, baies roses, muscs).

Premier avis sur Grain de Musc.





- Comme des Garçons poursuit sa collaboration avec diverses marques. Après le magazine Monocle, c'est le chapelier Stephen Jones qui sortira en septembre une eau de toilette créé par la maison japonaise, fragrance "futuriste mais rococo", une "violette percutée par une météorite" (violette, feuille de violette, "cyber aldéhyde", girofle, œillet, rose, jasmin, héliotrope, bois de gaïac, "magma", cumin noir, vétiver, ambre).

Autres collaborations annoncées chez CdG: Daphne Guinness, H&M, Jun Takahashi.
- Comptoir Sud Pacifique annonce la sortie, en septembre, d'un nouveau féminin: Hémisphère Sud.




- Après une avant-première dans sa boutique parisienne, Creed proposera en septembre en distribution plus large Love in Black, écho de leur Love in White mais qui se veut plus fort, et plus gourmand aussi. Décrite comme "oriental-violette", la fragrance veut évoquer le mariage de Jackie Kennedy et Aristote Onassis (fleurs sauvages, violettes, cèdre de Virginie, iris, girofle, musc Tonkin, cassis, rose Bulgare).
 



- Frédéric Malle sort à la rentrée un nouvel opus, signé par Maurice Roucel: Dans tes Bras, décrit comme un doux parfum de peau (bergamote, girofle, violette, jasmin, santal, patchouli, encens, Cashmeran, héliotrope, musc blanc). 
Premiers avis (enthousiastes!) sur Aromamundi, Au Parfum, Grain de Musc et chez Le Critique de Parfum.


 

- Rappelons la récente résurrection d'IUNX, la maison créée par Olivia Giacobetti: L’Eau Blanche, Splash Forte et L’Ether devraient à terme être rejoints par d'autres rééditions... (boutique de l'hôtel Costes, 239 rue Saint-Honoré)

 

 

- Chez Jo Malone, ce sont deux nouveaux parfums qui sortent en octobre: Sweet Lime et Cedar Cologne.





- Chez L'Artisan Parfumeur, la série des "odeurs volées par un parfumeur en voyage" s'enrichit en octobre d'un nouvel épisode: Fleur de Liane, la senteur d'une "forêt luxuriante enivrée par la pluie" où "une fleur inconnue exhale son parfum voluptueux", inspirée du Panama et créée par le nez-maison, Bertrand Duchaufour (notes d'ozone, marines et vertes, souci, tubéreuse, magnolia, bois, mousses). 

Le rejoindront à l'automne deux fragrances nées d'une collaboration entre L'Artisan et de grandes parfumeries: Scent Bar et Aedes de Venustas.





- Sortie imminente, chez Parfum d'Empire, de deux nouveautés: l'hespéridé Yuzu Fou (kumquat, orange, bigarade, menthe, verveine, bambou, cèdre, musc blanc) et l'oriental épicé-fruité Aziyadé (grenade, dates, amandes, oranges et prunes séchées, cardamome, cannelle, gingembre, cumin, patchouli, vanille, caroube, encens). Les deux sont déjà disponibles sur Beautyhabit.





- Faut-il encore présenter les deux sorties de Serge Lutens?
Serge Noire, le bel encens déjà disponible à plusieurs endroits, sera distribué dans tous les points de vente de la collection export dès septembre.

Premiers avis ici, sur Grain de Musc et chez Le Critique de Parfum
El Attarine, l'oriental qui mêle olfaction et gustation, ne sera, lui, distribué que fin août-début septembre, uniquement aux Salons du Palais-Royal.

Premiers avis ici, sur Aromamundi et chez Le Critique de Parfum.
Et rappelons, hélas, la triste disparition de Miel de Bois...









[Avis] Vega - Guerlain




Fasciné par l'immensité de l'univers, Jacques Guerlain aimait, paraît-il, l'astronomie. Est-ce pourquoi il a donné à ce floral aldéhydé le nom de Véga, la belle étoile bleutée de la constellation de la Lyre (α Lyrae) et l'une des plus brillantes du firmament?

Cette création de 1936 avait déjà, après une première éclipse, fait un bref retour en 1997, en série limitée, dans un flacon Baccarat. Et en 2005, c'est Vega qui fut choisi pour inaugurer Il était une fois Guerlain, la collection de rééditions de classiques disparus de la maison.

Pour cette nouvelle réédition, la fragrance a été recomposée par Jean-Paul Guerlain.


Notes de tête: aldéhydes, fleur de cassie, bergamote
Notes de cœur: jasmin, ylang ylang
Notes de fond: santal, iris, note ambrée vanillée
[plus, d'après d'autres sources: fleur d'oranger, œillet, rose, bois de rose]



Vega commence par une note aldéhydée vive et éclatante, avec un effet savonneux nettement marqué, un peu métallique et très poudré. S'y mêlent alors une note soutenue d'ylang ylang, particulièrement présent, et un bel absolu jasmin. La facette de ce jasmin qui, parfois, me semble assez indolique reste tempérée par les aldéhydes et par une rose discrète.

Incidemment, j'avais un jour senti des fleurs fraîches de magnolia étoilé, et leur parfum m'a fortement rappelé ce premier stade du cœur floral de Vega. Illusion olfactive, manifestement, mais l'effet était curieux!

L'alliance ylang-ylang/jasmin domine pendant quelques temps, avec une allure générale de floral blanc classique, élégant, poli comme le marbre. Tandis que les aldéhydes s'adoucissent, l'iris, qui donne à Vega ce beau fini poudré, va s'accentuant, mais reste délicat, sans jamais exhiber son côté carotte/terreux.

A mesure que la belle et froide étoile avance vers ses notes de fond, elle se réchauffe, s'orientalise doucement, pour composer un tableau qui conserve le fleuri du jasmin et de l'ylang, mais y ajoute surtout une base vanillée et poudrée, légèrement sucrée et nuancée de santal, d'un crémeux absolument divin. Tout juste est-elle tempérée par une touche de vétiver... J'ai, il est vrai, une prédilection pour les notes de fond, mais celles-ci sont particulièrement séduisantes. Et la rémanence étant très bonne pour une concentration eau de toilette, elles séduisent longtemps!


Cette réédition de Vega, revue par J.-P. Guerlain, est-elle fidèle à l'original?
Je l'ai comparée avec un flacon d'eau de toilette d'au moins 40 ans d'âge pour en avoir le cœur net.
Verdict: les deux versions sont à mon nez bien proches, une fois passées les notes de tête (qui se sont peut-être d'ailleurs modifiées dans le vintage!).
L'original s'ouvre sur des aldéhydes qui, bien que toujours nettement savonneux, sont plus moelleux, plus doux, tandis qu'ils semblent perçants dans la réédition. La rose se fait aussi plus présente dans l'original, le santal et le fond crémeux vanillé s'y révèlent plus vite.
Si le nouveau Vega, pris isolément, semblait marquer son âge, la comparaison permet de nuancer cette impression: la réédition, plus claire et plus brillante, semble effectivement modernisée, mais par petites touches imperceptibles.


Floral blanc aldéhydé d'allure classique, avec toute l'élégance et la sophistication que cela suppose, Vega a clairement quelque chose du N°5, référence du genre. Si sa beauté marmoréenne un peu distante détonne par rapport à ce que l'on associe généralement à la maison, son fond vanillé est pourtant infiniment Guerlain. Il semble d'ailleurs que Chamade garde quelques traces de cette belle étoile...
Je trouve personnellement Vega très beau, mais il ne me semble malgré tout pas atteindre les sommets des plus belles créations de Jacques Guerlain. Donnez-moi plutôt du Sous le Vent!
Les amoureux du N°5 et de sa famille olfactive pourraient par contre être bien vite conquis...



Maison: Guerlain
Créateur: Jacques Guerlain
Année de création: 1936 (réédition: 2005)
Famille: floral aldéhydé, fleuri poudré
Disponible en Eau de Toilette, flacon 125 ml (210 EUR), exclusivement dans les boutiques et espaces Guerlain.