[Avis] L - Lolita Lempicka

Loin de l'univers d'elfes des bois du premier parfum de Lolita Lempicka, c'est cette fois dans le monde de la Petite Sirène que ce "souvenir de peau effleurée de soleil et de vagues", simplement baptisé "L", nous invite.

La réalisation a été confiée à Maurice Roucel, et cela se... sent: je trouve à L une ressemblance assez évidente avec un autre de ses parfums, le confidentiel Musc Ravageur, sorti chez Frédéric Malle.

L est décrit comme un "oriental frais", mais j'avoue avoir peine à y trouver de la fraîcheur. Pour moi, c'est au contraire un oriental vanillé des plus gourmands, épais et sucré comme une pâtisserie.


Notes de tête: orange amère, bergamote, cannelle
Notes de cœur: immortelle
Notes de fond: santal de Mysore, fève tonka, muscs, vanille

L s'ouvre sur une bouffée presque effervescente de cannelle, mêlée de notes hespéridées qui ont l'amertume des feuilles d'oranger chiffonnées dans la main.
Arrive rapidement l'originalité principale de la fragrance: bien vite, elle se fait à la fois très sucrée et... salée! C'est bien le "baiser salé" promis, surprenant mais somme toute agréable, la combinaison des deux facettes rappelant immanquablement la gourmandise des caramels au beurre salé.

Cet effet, toujours généreusement saupoudré de cannelle, se prolonge en cœur. Les accents curieusement caramélisés-goudronnés de l'immortelle s'y font plus manifestes, mais ils restent doux et relativement discrets, en tout cas par rapport aux quelques autres fragrances travaillées autour de cette note (comme Sables de Goutal ou Eau Noire de Dior). Ils s'accentuent un peu au fil du temps, tandis que les notes de sel et de cannelle s'estompent après de longues heures. En toute fin de tenue (excellente, d'ailleurs) reste un fond chaleureux, vanillé.

Si L partage avec Musc Ravageur une certaine touche que je ne pourrais qualifier que de "grasse", l'effet "beignet" y est nettement moins marqué. C'est un peu comme si Maurice Roucel avait pris l'essence musc-vanille-cannelle de sa création pour Frédéric Malle et l'avait adaptée à l'esprit conte de fées de Lolita Lempicka, pour en faire une version plus sucrée, plus gentille, et plus "propre", aussi, sans ce côté... ravageur.

Il en résulte un parfum très joli, très gourmand, intéressant par son effet sucré-salé épicé, mais à peu près aussi léger qu'un kouign amann. A manier, donc, avec modération, la jolie sirène pouvant se révéler franchement écoeurante à trop hautes doses.

Mention spéciale aussi pour le flacon-galet, ravissant sommet de kitsch avec ses breloques sous-marines... (mais qui semble avoir parfois tendance à se déglinguer, par ailleurs!)


Test de la version eau de parfum.


Maison: Lolita Lempicka
Créateur: Maurice Roucel
Année de création: 2006
Famille: oriental-vanillé
Disponible en Eau de Parfum,
vapo 50 ml (63 EUR) ou 80 ml (81 EUR); en Eau de Parfum concentrée, flacon-bille de sac 10 ml (44 EUR); et en Extrait de parfum, flacon 15 ml (124 EUR). Une large gamme de produits coordonnés ("Bain de Sirène") est disponible. En parfumerie.


5 commentaires:

Rafaèle a dit…

Sixtine,

Je l'avais senti peu après sa sortie mais n'en avais pas souvenir (hum, pas très bon signe !). Suite à ton article, j'ai reproduit l'essai pas plus tard qu'hier dans le Séphora le plus proche. Bonne surprise ! J'ai retrouvé l'aspect sucré-salé dont tu parles, et la comparaison avec le kouign amann est tout à fait juste ! L'évolution sur ma peau est agréable, tout à fait correcte, même si la vanille finale est un peu lourde, très "culinaire", façon crème brûlée. Ce n'est pas l'originalité ni l'exigence d'un Goutal, d'un Lutens, d'un Frédéric mal, mais au final j'aime assez. Un parfum insouciant, un "déjeuner de soleil", comme dirait ma mère, à porter pour le plaisir, sans se poser de questions. Il existe des flacons de 30 ml. En attendant de (peut-être) craquer, j'en ai demandé une "flûte", histoire de le porter quelques jours de suite...
Une heureuse redécouverte, en tout cas !

Six' a dit…

Rafaèle,

Que je suis contente qu'il te plaise! Il a effectivement ce côté très alimentaire, mais malgré tout, traité avec pas mal d'inventivité, loin de ces parfums hyper-sucrés et désespérément plats qu'on voit trop souvent... mais dis, tu aimes Musc Ravageur, toi?

(et j'aime beaucoup l'expression "déjeuner de soleil", c'est charmant!)

Rafaèle a dit…

Je ne connais pas Musc Ravageur ! J'ai senti plusieurs parfums F. Malle il y a quelque temps, mais pas celui-là... J'imagine qu'il est plus subtil et personnel que L... J'ai porté ce dernier aujourd'hui (toujours ma petite fiole ;-) !), la tenue est bonne... Bizarre, il me fait penser à Egoïste, maintenant, avec ses notes hespéridées en tête et sa vanille !

Six' a dit…

Oh, je dirais que le Musc Ravageur est encore plus... "too much" que L! Il est moins sucré, mais avec un fond tout aussi riche, un peu beignet, et très musc, forcément! Un musc qui donne, bizarrement, un effet "effervescent", d'ailleurs... Beaucoup de gens l'adorent absolument, mais je ne le comprends pas encore, je dois dire. Si tu aimes MKK et L, c'est encore un à essayer, je dirais, il pourrait te plaire! ;)

Anonyme a dit…

BOn question?Y a t il une modification de la formule du L depuis un an.Je porte ce parfum depuis sa sortie.On m avait offert le gros flacon.AQuand j ai voulu en racheter un il y a moins d un an je me suis demandé si ce parfum que j adore n avait pas subi quelques modifications.Il manque une note que je rrtrouve bien dans mes flacons pus anciens(non le jus n a pas tourné) et que je ne retrouve pas dans mes derniers flacons achetés.Oui ça ressemble mais il manque une note plus gourmande chaude comme du sable , plus profonde d encens.d ailleurs je trouve qu il tient moins bien que les autres.J'ai demandé à ma parfumerie on m'a dit que parfois les formules sont rectifiées sans que on n en soit averti...PAs de chance après Hypnotic POison qui j en suis sure n est plus l hypnotic poison des débuts, maintenant L de lotita..........je vais me retrouver sans parfum...